Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog
/ / /

English

          Quelle prétention! Comment oser appeler cette petite maison  le Castellas (le gros château, en Occitan)? Génération après génération, c’est pourtant le nom que toute la famille lui connaît : le Castellas - ou , francisé - le Château. C’est le nom utilisé, naturellement, naïvement, sans vraiment réaliser le décalage : « Dimanche, on va manger au Castellas » ou bien « cet été, je passe mes vacances au Castellas »… voilà tout.

Le Castellas, c’est le hameau autour de l’église du Mas de Londres. C’était une ancienne forteresse médiévale, puis un château de la Renaissance (fin XVIe siècle), rapidement abandonné et ruiné (fin XVIIe), enfin à moitié rasé et partiellement reconstruit (moitié XIXe).

Du château fort du XIIe Siècle (le Castel de Londres) il ne reste que les remparts nord-est avec leurs meurtrières. L’église (la nef date de cette époque) faisait partie de ce château. À partir de  1557, Fulcrand de Roquefeuil, seigneur de la Roquette (et propriétaire du Castel de Londres) déménage de son vieux château sur la crête de l’Hortus et entreprend la construction d’un petit palais décoré style Renaissance qui deviendra le nouveau Castel de la Roquette. La famille Roquefeuil fait agrandir l’église pour en faire son mausolée. Le Castel était alors une grande bâtisse affublée de tourelles et larges fenêtres à meneau et ornée de deux magnifiques portes monumentales. L’une fermant la cour au centre du bâtiment en forme de U ouvert au nord-est, l’autre, porte d’entrée de l’aile sud-ouest.

La demeure est pourtant abandonnée par les Roquefeuil qui vont s’installer dans une autre de leurs demeures (Brissac). Le Castel de la Roquette, se ruine et s’abîme dans l’oubli, jusqu’à ce que la mode attire les voyageurs du début du XIXe tels J. M. Amelin , J.B. Laurens ou Rodier & Taylor vers ces ruines romantiques dont ils nous laissent de précieuses gravures et croquis.

Gravure de J Amelin, 1824
 

Porte extérieure (aujourd'hui détruite) - Rodier & Taylor, 1835


 

Au début du XIXe siècle, le village du Mas de Londres, qui souhaite s’équiper d’un presbytère pour héberger son curé, aimerait restaurer une partie du vieux Castellas. Mais en 1841, le maçon François Blanc rachète l’ensemble pour en faire une carrière de pierres de construction. La mairie ne peut racheter que la moitié de la parcelle et fait restaurer en 1850 l’aile sud-ouest du Castellas. C’est le « presbytère », ce grand bâtiment de 3 niveaux aux 14 grandes fenêtres. L’autre moitié de la parcelle est rachetée par Jaoul le « massounet » (le petit maçon). Mais son côté du Castellas subira un tout autre sort. Il achève de démolir les ailes nord-est et sud-ouest (on en voit encore la voûte et le pavage), vend les  portes monumentales (la porte intérieure est visible à Montpellier, Salle Pétrarque). Il construit, adossée contre le mur de la cour et enchassée dans le tas de ruines, une petite maison de 4 pièces avec escalier central. À l’issue de ces travaux, il érige la « croix du Massounet » près du croisement de la route de St Martin, datée de 1856.





      

Plan cadastral (vers 1825) : le Castellas correspond à la parcelle 167. Le cadastre actuel montre ce qu’il en reste : le « Presbytère » (parcelle 97) et le Gîte (parcelle 96).





La maison, achetée par l’arrière grand Père Jean-Pierre Moure vers 1890, est restée dans la famille jusqu’à nos jours. Elle est restaurée de fond en comble entre 2007 et 2009.


La maison du Castellas en 2006, avant la restauration.

 

 

 

 

 

Partager cette page

Repost 0
Published by