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La Font Termenau (ou la Nymphe amoureuse)

Il y a bien longtemps, alors que les divinités habitaient les bois et les garrigues, une nymphe se prit à aimer les mortels. En fait, elle était charmée par trois jeunes hommes : un laboureur du Castel de Londres, un berger de Cambous et un bucheron de St Martin. Elle les suivait secrètement dans leurs activités. Elle les observait en plein effort, elle se ravissait de leur ingéniosité et admirait leur dextérité. Elle les écoutait parler et rire avec leurs amis, mais elle sentait la jalousie lui pincer le cœur lorsqu’une fille s’approchait trop près de l’un d’eux…

La nymphe s’était éprise des trois et ne pouvait se résoudre à n’en aimer qu’un seul. Elle tentait - en vain - de se décider pour l’un ou pour l’autre. Si son cœur inclinait un instant vers le bucheron, comment pouvait-elle ignorer le berger ou le laboureur ?

Une guerre éclata entre les seigneurs de la région et causa de grands malheurs au sein de la population. Le seigneur de Londres enrôla de force les paysans de son fief et le laboureur partit à la guerre. Hélas, s’il savait manier la houx dans ses champs, il n’avait aucune expérience de la guerre et se fit tuer dès la première bataille.

La nymphe fut submergée de chagrin. Il lui restait le berger et le bucheron à aimer pareillement.

Après la guerre, vint le temps des brigands et des pillards. Une bande s’approcha de Cambous pour s’emparer du bétail. Le courageux berger tenta de défendre son troupeau de brebis ; mais que pouvait-il faire face à des dizaines de bandits ? Les brigands se moquèrent de sa naïveté et le tuèrent sans pitié.

La nymphe fut à nouveau écrasée de douleur. Des trois jeunes hommes dont elle s’était éprise, deux étaient morts et seul restait le bucheron; mais elle était trop triste pour voir là une solution à son terrible dilemme.

Le pays avait sombré dans la misère et le désordre ; la détresse dictait de mauvaises choses aux hommes. Les villageois affamés et perclus de jalousie se haïssaient mutuellement. L’un d’eux décida de brûler les bois d’un autre et alluma des feux aux quatre coins. Hélas, le bucheron qui était là au travail, se trouva piégé et péri dans l’incendie.

Une fois de plus, La nymphe eu le cœur brisé. Elle était abattue par la perte des trois jeunes gens et prenait pleinement conscience du sort des mortels. Mais surtout elle était tellement choquée par la bêtise des hommes qui détruisaient leurs œuvres et s’entretuaient ! Elle pleurait de chagrin, elle pleurait de dépit, elle pleurait de colère. Ne pouvant se consoler, la nymphe se retira dans une grotte située à égale distance des villages des trois jeunes gens emportés par la folie des hommes. Elle y resta prostrée et elle pleura tant, que ses larmes alimentèrent une source qui se mit à couler de la grotte. Une source intarissable.

Petit à petit, au cours des générations suivantes, cette précieuse source fut reconnue et vénérée par les trois communautés désormais apaisées : les agriculteurs, les éleveurs et les bosquetiers vivaient à nouveau en harmonie. Comme elle était située à la jonction des trois villages, la source fut appelée : la Font Termenau (la fontaine limitrophe). Depuis, chacun trouve paix et réconfort auprès de cette source très spéciale: les St Martinois plongent leur croix miraculeuse dans la vasque pour retrouver la pluie après la sècheresse ; les pâtres et les bucherons (et maintenant les promeneurs) s’y désaltèrent ; on dit même que les amoureux qui goûtent son eau fraîche s’aiment pour la vie.

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Published by M&M - dans Contes du Castellas